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CV 95: Cyber / espace / public

Ce dossier thématique cyber / espace / public examine un certain nombre d’enjeux liés au régime numérique des images et à leur circulation sur les réseaux. Il explore les multiples correspondances et réciprocités qui se tissent entre des espaces concrets et différents dispositifs technologiques, portables (téléphones « intelligents », applications en tous genres, instruments de géo-localisation) ou ancrés dans les cyber-réseaux (médias sociaux, moteurs de recherche, codes QR, etc.), tout en étant parfaitement intégrés à la vie quotidienne. Diverses temporalités s’y entremêlent, d’évidentes intepénétrations entre les domaines privé et public, entre productions amateures et professionnelles entraînent une transformation sensible des pratiques artistiques et culturelles.

Réalisé sous la direction de Suzanne Paquet, professeur d’histoire de l’art à l’Université de Montréal et spécialiste de la photographie, ce dossier rassemble les essais de six auteurs (Suzanne Paquet, Élène Tremblay, Christelle Proulx, Daniel Fiset, Christine Ross et Janine Marchessault) qui abordent ces questions à partir de travaux d’artistes (Dominic Gagnon, Jon Rafman, Karen Elaine Spencer, Janet Cardiff/George Bures Miller et sur l’exposition Land/Slide: Possible Futures) qui explorent les nouvelles zones ouvertes par cette prolifération et cette circulation accélérée des images et par les nouveaux appareils de la mobilité.

Activités de recherche Publications
Frankfurt am Main, Roßmarkt

Séminaire de troisième cycle : problématisation du contexte artistique

(HAR 7005) – Automne 2013

Université de Montréal

Prof : Suzanne Paquet

 

L’art et le site. L’espace public à l’ère de l’image

Bien des pratiques artistiques proposent aujourd’hui une double position ou un double accès : des interventions dans l’espace urbain (art relationnel, pratiques furtives, art éphémère in situ) sont prolongées ou trouvent une représentation qui leur est symétrique dans le cyberespace. Des artistes utilisent par ailleurs les technologies numériques et l’internet (générateurs d’images, moteurs de recherche, instruments de géo-localisation et médias sociaux) comme outils ou terrains d’investigation, cependant que dans le web, qui facilite grandement la monstration et la propagation des œuvres en tous genres, les photographes amateurs trouvent une tribune, un véritable espace public pour montrer leur production d’images qui, parfois, bien qu’elle soit de l’ordre de ce que l’on appelle la « culture populaire », s’avère être très proche, dans son apparence ou dans son contenu, de l’art des professionnels. Le moyen terme qui rapproche toutes ces pratiques, ou qui semble lier art d’élite et « goût barbare », est l’aspect participatif. En effet, les artistes pratiquant l’art urbain revendiquent une fonctionnalité renouvelée, un engagement social, communautaire ou écologique de l’art alors qu’autour des pratiques d’amateurs ayant le web pour point d’ancrage se développent des communautés au sein desquelles les échanges et la communication sont de première importance. Ainsi, on ne peut plus penser l’espace public que dans une multiplicité : possiblement physique et situé, mais aussi circulatoire et en réseaux; des formes qui s’amalgament et se répondent, qui doivent être mises en tension et examinées en réciprocité.

Activités de recherche
After Faceb00k, à Matane

After Faceb00k

par Christelle Proulx

Un projet de Charles-Antoine Blais-Métivier et Serge-Olivier Rondeau.

Réseau social le plus achalandé du monde, Facebook est fréquenté par plus de 900 millions d’utilisateurs qui publient au-delà de 300 millions d’images quotidiennement. Cette quantité impressionnante d’images constitue une archive visuelle monumentale et mérite qu’on s’y attarde. Afin de se pencher sur le sujet, Charles-Antoine Blais Métivier et Serge-Olivier Rondeau ont conçu le projet After Faceb00k dans le cadre d’une résidence de recherche estivale du Centre des arts actuels Skol. Ils proposent de constituer une collection des images diffusées « publiquement » et en quantités phénoménales sur ce réseau. Instables et éphémères, ces images ne sont pas cataloguées et le titre du projet indique ce souci de documentation à saveur archéologique en demandant ce qu’il restera de cette gigantesque archive par la suite.

Projets urbains