Frankfurt am Main, Roßmarkt

Séminaire de troisième cycle : problématisation du contexte artistique

(HAR 7005) – Automne 2013

Université de Montréal

Prof : Suzanne Paquet

 

L’art et le site. L’espace public à l’ère de l’image

Bien des pratiques artistiques proposent aujourd’hui une double position ou un double accès : des interventions dans l’espace urbain (art relationnel, pratiques furtives, art éphémère in situ) sont prolongées ou trouvent une représentation qui leur est symétrique dans le cyberespace. Des artistes utilisent par ailleurs les technologies numériques et l’internet (générateurs d’images, moteurs de recherche, instruments de géo-localisation et médias sociaux) comme outils ou terrains d’investigation, cependant que dans le web, qui facilite grandement la monstration et la propagation des œuvres en tous genres, les photographes amateurs trouvent une tribune, un véritable espace public pour montrer leur production d’images qui, parfois, bien qu’elle soit de l’ordre de ce que l’on appelle la « culture populaire », s’avère être très proche, dans son apparence ou dans son contenu, de l’art des professionnels. Le moyen terme qui rapproche toutes ces pratiques, ou qui semble lier art d’élite et « goût barbare », est l’aspect participatif. En effet, les artistes pratiquant l’art urbain revendiquent une fonctionnalité renouvelée, un engagement social, communautaire ou écologique de l’art alors qu’autour des pratiques d’amateurs ayant le web pour point d’ancrage se développent des communautés au sein desquelles les échanges et la communication sont de première importance. Ainsi, on ne peut plus penser l’espace public que dans une multiplicité : possiblement physique et situé, mais aussi circulatoire et en réseaux; des formes qui s’amalgament et se répondent, qui doivent être mises en tension et examinées en réciprocité.

Activités de recherche
Mathieu Valade, Police et Paysage, 2012

Pique-Nique

Pique-Nique est un organisme regroupant plusieurs artistes en art actuel. À travers divers événements et projets de diffusion, ils proposent des pratiques dites in situ depuis 2001. Tel un laboratoire, leurs activités favorisent l’intrusion spontanée de l’art en contexte public afin de réaffirmer le caractère social de l’espace commun. Imprévisibles, spontanés, inattendus et instables, leurs projets tendent à proposer « un regard amusé et acide sur le lieu à investir ».

Jason Arsenault, Patrick Bérubé, Guillaume La Brie, Mathieu Lacroix, Véronique Lépine, Thierry Marceau, Marie-Hélène Plante, Edouard Pretty, Janick Rousseau et Mathieu Valade en sont les membres. Plusieurs invités se joignent aussi régulièrement à eux lors des différents projets.

http://www.pique-nique.org

Des images de Pique-Nique sur Flickr.

L’image d’en-tête est l’installation Police et Paysage de Mathieu Valade dans le cadre du projet « Autant en emporte le vent » (2012). Crédits: Véronique Lépine, Julie Villeneuve et Yves Marceau

Artistes
Atsa (Action Terroriste Socialement Acceptable), La petite maison jaune, Fin Novembre 2012

ACFAS 2013 : L’art, le citadin et le site : habiter l’espace à l’ère de l’image

Ce colloque s’est tenu à l’Université Laval le 9 mai 2013 dans le cadre du congrès de l’ACFAS 2013 et du colloque annuel du CÉLATLieux de passage et vivre ensemble.

Responsables

Guy MERCIER, Université Laval
Michaël LA CHANCE, UQAC
Suzanne PAQUET, Université de Montréal

Problématique et enjeux du colloque

Les artistes investissent de plus en plus nombreux les places publiques des villes, et ce, de diverses façons : au-delà des formes d’art public plus traditionnelles et pérennes toujours très présentes, les pratiques deviennent relationnelles, éphémères, furtives, in situ et réflexives. Les artistes exerçant ces types d’art urbain estiment qu’ils créent des liens, contribuant à former des collectifs ou des communautés, ce qui correspondrait à la revendication d’une fonctionnalité renouvelée de l’art, de son engagement social, démocratique et écologique. Dans les métropoles en restructuration, des collectifs d’artistes participent aux mouvements d’habitants qui contestent les projets des aménageurs. Il semble que les artistes contribuent ainsi à la reconnaissance du fait que l’habitant est porteur d’une opinion qu’il est nécessaire de prendre en compte dans l’élaboration du projet urbain et de la décision politique. L’art, s’intégrant à l’espace public urbain, l’actualisant ou l’activant, participe à la formulation de problèmes nouveaux.

Activités de recherche